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10/09/2008

AMIN MAALOUF


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Amin Maalouf est né à Beyrouth en 1949. Il vit à Paris depuis 1976. Après des études d'économie et de sociologie, il entre dans le journalisme. Grand reporter pendant douze ans, il a effectué des missions dans plus de soixante pays. Ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique, il consacre aujourd'hui l'essentiel de son temps à l'écriture de ses livres. Léon l'Africain, Samarcande, Le Rocher de Tanios, Le Périple de Baldassare, Les Echelles du Levant, Les jardins de lumière.

Les Identités meurtrières a été publié en 1998. Arabe et chrétien, il s'interroge sur ce qu'est l'identité. Son livre est un long cheminement pour essayer d'expliquer en quoi les identités peuvent devenir meurtrières.

Il part d'un constat. L'identité de chaque personne est constituée d'une foule d'éléments : appartenance religieuse, une nationalité, parfois deux, un groupe ethnique ou linguistique, une famille, une profession, un milieu social. L'identité se construit et se transforme tout au long de l'existence. Pour l'auteur, chacun devrait pouvoir assumer toutes ses identités. Lorqu'une identité devient prioritaire, elle pèse lourd et peut entraîner de dérives, voire devenir "meurtrières". Ainsi, par exemple, la religion, la langue, l'ethnie, l'appartenance à une commnauté.

L'auteur établit un parallèle entre le christianisme et l'islam. Le christianisme a engendré bien des violences : tortures, procès iniques, inquisition mais est arrivé à vivre en harmonie avec la laïcité, les droits de l'homme, la démocratie. Au contraire, du temps où les Arabes triomphaient (Moyen Age) ils interprétaient leur foi dans un esprit de tolérance et d'ouverture mais l'islam a dérivé vers des comportements intolérants et totalitaires.

L'auteur analyse aussi comment, en quelques siècles, la civilisation occidentale est devenue pour le monde entier, une civilisation de référence, fait unique dans l'histoire.

Je n'ai pas été convaincue par les arguments, peu clairs, de l'auteur sur ce qu'il appelle "l'humiliation des Arabes". J'ai eu l'impression qu'il s'appuyait sur son expérience, peut-être des blessures toujours ouvertes.

Dans une troisième partie, il prêche pour la tolérance, l'acceptation de l'autre, de ses différences, un humanisme ouvert, qui refuse à la fois, l'uniformisation planétaire et le repli sur la "tribu".

Amin Maalouf cite souvent la Belgique, qu'il compare même au...Liban. "le sentiment d'appartenance à la communauté nationale se rétrécit, jusqu'à disparaître".

Je voudrais signaler que pour le livre d'Elie Barnavi Les religions meurtrières, le titre a été choisi par l'éditeur et ne correspond pas au contenu.

14:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (9)

Commentaires

Je vous conseille cependant le livre où il fait le récit des Croisades (je n'ai plus le titre en tête mais je le chercherai) ainsi que le Périple de Baldassare, un roman prenant qui au-delà des détails philosophiques et historique, décrit une belle et étrange histoire humaine.

Écrit par : Anne | 10/09/2008

@Anne
Les croisades vues par les musulmans.

Écrit par : Michael | 10/09/2008

Merci pour vos commentaires. Le titre exact est "LesCroisades vues par les Arabes". Je ne l'ai pas lu, j'avais un peu peur, le connaissant. Mais j'en ai lu plusieurs que j'aime bien mais je trouve qu'il est assez difficile d'entrer dans le roman, très différent des romans français ou américains. On retrouve la lenteur arabe....

Écrit par : mado | 10/09/2008

@ mado

"on retrouve la lenteur arabe...". vraiment ?
Decrivez moi un peu cette vigueur europèene ou americaine ...

Écrit par : jones | 10/09/2008

Cher Jones,
Je n'ai pas voulu opposer lenteur à vigueur mais plutôt à rapidité. Ce que j'ai voulu dire, c'est que je lis les livres d'Amin Maalouf autrement qu'un roman américain. Je suis transportée dans un autre monde, j'ai beaucoup plus envie de m'arrêter, de rêver. C'est pour cela que j'ai dit qu'il m'était difficile d'entrer dans le livre. L'ambiance est complètement différente. Dans les romans américains, que ce soit Philip Roth ou Douglas Kennedy, j'entre dans un monde connu, je ne retrouve pas cet appel au rêve, je lis vite et je n'éprouve pas le besoin de m'arrêter. Pourrait-on imaginer qu'un écrivain américain intitule son livre "Les Jardins de lumière" ? Je ne crois pas. Quant aux romans français, il y a bien sûr de grandes différences d'un romancier à l'autre, mais je suis toujours dans le monde où je vis. Un monde où tout doit aller vite.

Écrit par : mado | 11/09/2008

Chère Anne,
Pourriez-vous me rappeler le nom de votre blog ? Je l'aimais bien mais je n'ai pas retenu le nom.
Merci.
PS En espérant que vous verrez le message mais je ne vois pas comment faire autrement.

Écrit par : mado | 11/09/2008

Voici l'adresse du blog de Anne, je pense:
http://indignites.blogs.lalibre.be/

Écrit par : Le'atteindre | 23/09/2008

A Le'atteindre.

Merci beaucoup pour l'adresse du blog d'Anne. En effet, maintenant, je m'en souviens.

Écrit par : mado | 23/09/2008

@helathon
Le livre existe en anglais.
In the Nane of Identity. (2000)
Je vous conseille d'aller sur Wikipédia anglais.

Écrit par : mado | 10/01/2009

Les commentaires sont fermés.