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21/05/2008

RAPPORT PISA.

Je voudrais réagir aux déclarations d'Alain Destexhe qui estime l'enseignement libre plus performant que l'enseignement officiel. (Rapport Pisa). (Le Soir 21 mai).

Je pense qu'on ne dit pas assez que le critère retenu est l'âge, quinze ans, non la classe. En clair, (si cela n'a pas changé) un élève qui se trouve en première année du secondaire passera le test établi pour les élèves de quatrième.

Il faudrait une analyse détaillée pour expliquer les meilleurs résultats de l'enseignement catholique ou de la Flandre. Je me bornerai à quelques considérations.

L'enseignement catholique jouit d'une plus grande liberté que l'enseignement officiel : liberté d'inscription des élèves, du projet pédagogique, des programmes, liberté pédagogique plus grande pour les professeurs, moindre influence des inspecteurs, moins de redoublements.

Que l'on me comprenne bien. Il existe des écoles "fortes" aussi bien dans l'enseignement officiel (communauté française/provinces) que dans l'enseignement libre (confessionnel/non confessionnel).

J'ai déjà dit que l'enseignement rénové, total en Wallonie, avait engendré des dérives et ce, aussi au niveau de l'enseignement. Cela explique, en partie, le meilleur niveau scolaire en Flandre.

Je profite de cet article, très sommaire, pour rectifier ce que j'ai lu sur un forum. L'enseignement libre est subventionné mais il est vrai qu'il se permet, parfois,  de demander une large contribution financière des parents, à mon sens, pas toujours justifiée. 

Commentaires

"En sommes-nous arrivés à ce que des théories scientifiques, prouvées"

Bonjour, les commentaires étant fermé sur le post d'où j'ai tiré cette affirmation, je me permets de réagir ici.

Une théorie n'est jamais prouvée. Le propre d'une théorie est qu'elle se confronte à des éléments invalidants ou non, mais par définition, elle ne peut être avérée (relisez Popper pour plus d'information)

La théorie de l'évolution n'a jamais et ne sera jamais prouvée: elle n'est qu'une théorie. Le créationnisme n'est pas une théorie: c'est un dogme qui n'admet pas de contre vérité. En ce qui concerne la création du monde, c'est une hypothèse qui en vaut une autre.

Écrit par : Anne | 21/05/2008

Chère Anne,
Merci pour le commentaire.
Je puis être d'accord que la science est toujours en évolution donc tout est toujours remis en question. Je crois avoir dit que la théorie de Darwin avait été "validée", je ne me souviens pas de la phrase que vous citez.
Je crois qu'il y a une confusion pour le créationnisme. Si vous entendez, Dieu a créé le monde, c'est effectivement une vérité (vous dites dogme puis hypothèse ?) pour les croyants. Ce que je visais c'est le créationnisme défendu par les évangélistes d'abord, puis par l'Islam, actuellement. Il s'agit, comme je l'ai dit, de mettre la science en contradiction avec une lecture littérale de la bible. On peut donc très bien admettre la création du monde par Dieu mais pas littéralement en sept jours comme on le dit dans une mauvaise traduction de la bible. C'est dans ce sens que j'ai dit que les Juifs admettent l'intervention de Dieu dans la création du monde ou de l'homme mais pas comme pris à la lettre dans la bible. Le danger du créationnisme répandu actuellement est que, dans les écoles, les élèves musulmans arrivent à rejeter toute la science. D'où l'inquiétude de la Communauté française qui a organisé un séminaire pour voir comment les professeurs doivent réagir. Les revendications des musulmans dans les écoles deviennent de plus en plus nombreuses ce qui crée des tensions quasi insurmontables pour les professeurs et les élèves entre-eux. Je dirai encore qu'il me semble qu'on peut, même en étant croyant, étudier la philosophie sans être d'accord sur tout. (Idem évidemment pour les non croyants). Qu'un élève arrive à dire qu'il ne doit aucun respect à son professeur parce qu'il n'est pas musulman, comme on leur dit à la mosquée, me semble très grave. Ce n'est pas nouveau mais il y a dix ans, les élèves le disaient en riant, plus maintenant.

Écrit par : mado | 22/05/2008

Allez dans les écoles libres de Saint-Josse-ten-Noode et vous verrez à quel point l'équation "enseignement libre = plus de moyens" s'écroule. Vous avez raison de souhaiter une analyse détaillée des résultats Pisa, qui rétablisse les nuances.
Pour votre note précédente, un exemple actuel : un professeur à temps plein malade depuis un mois et, seul disponible, un professeur intérimaire pour cinq heures de cours (trois quarts des heures non remplacées). Si l'on ne s'attaque pas sérieusement à la pénurie des enseignants, les résultats des enquêtes futures sont prévisibles.
Merci de souligner les choix calamiteux de la Communauté française, au contraire de la Communauté flamande qui a gardé le cap. De réforme en réforme, elle porte une lourde responsabilité dans ce déclin. Mais sourde aux demandes des enseignants qui réclament une pause, et un peu plus de confiance dans leur engagement professionnel, elle a opté hélas pour la fuite en avant.

Écrit par : Tania | 22/05/2008

Chère Tania,
Merci pour votre commentaire.
Je ne crois pas avoir écrit que l'enseignement catholique avait plus de moyens. J'ai simplement souligné les différences "générales" entre l'enseignement catholique et l'enseignement officiel mais je sais qu'il ya de grandes différences d'une école à l'autre.
J'ai enseigné dans une Zep, école catholique, à Ixelles, j'ai été permanente syndicale, j'ai donc vécu les difficultés rencontrées par les enseignants. Je puis vous dire que tous les dimanches, le soir, des enseignants me demandaient des encouragements pour affronter le lendemain. Je reste très sensible à la situation de notre enseignement et aux perpétuelles gaffes de nos politiciens.

Écrit par : mado | 22/05/2008

Bravo pour cet article.

Vous rappelez bien qu'une moyenne cache des différences qui peuvent être grandes. Il y a des écoles officielles dont les résultats sont de loin supérieurs à ceux d'écoles libres, bien sûr.

Le point n'est pas de savoir si les écoles libres sont "meilleures" (puisque l'on ne prend qu'un seul critère, les résultats à Pisa), mais bien si l'autonomie augmente la performance des élèves.

Je ne comprends pas la levée des boucliers, car
1. N'est-il pas affirmé que l'augmentation de l'autonomie des élèves augmente leurs performances? Ce serait vrai pour les élèves et pas pour les profs et directions?
2. Cela fait 30 ans que dans le privé cette autonomie est renforcée. Et que la littérature confirme que les performances sont meilleures.
3. Les profs refusent-ils une autonomie plus grande? pourquoi?

J'ai l'impression que les politiques au pouvoir actuellement évitent volontairement le vrai débat. Pour ne pas devoir lâcher du lest.
J'ai l'impression que la presse n'informe pas complètement et choisit les titres accrocheurs plutôt que d'analyser sereinement.

Dommage. Les dernières évaluations externes montrent de nouveau dans quel état de déliquescence notre enseignement se trouve.

Écrit par : echocynique | 25/05/2008

Merci.
Les profs ne refusent pas une plus grande autonomie. La liberté pédagogique, celle d'être soi-même sont essentielles. Peu de profs l'obtiennent.

Écrit par : mado | 25/05/2008

Les commentaires sont fermés.