14/05/2012
ELIETTE ABECASSIS.

Eliette Abécassis est née le 27 janvier 1969 à Strasbourg. Elle est la fille d'Armand Abécassis spécialiste de la pensée juive. Elle est agrégée de philosophie. Mariée, deux enfants, elle habite à Paris. Elle a publié de nombreux romans.
"Mon père" "La répudiée" (voir billet du 22 octobre 2009), "L'or et la cendre" (voir billet du 17 novembre 2010), "Et te voilà permise à tout homme" (voir billet du 13 octobre 2011) "Sépharade" (voir billet du 14 janvier 2012).
Elle a écrit le scénario du film d'Amos Gitaï Kadosh. Elle s'inspirera du scénario pour son roman "La répudiée".
Dans toute son oeuvre se retrouvent ses réflexions sur la condition féminine. C'est ausi le cas dans son roman "Un heureux événement" paru en livre de poche.
UNE HEUREUX EVENEMENT.
Barbara et Nicolas forment un couple heureux. Ils se sont rencontrés rue des Rosiers, à Paris, un dimanche du mois d'avril. Il était assis devant sa galerie d'art. "J'ai aimé ses yeux clairs, sa barbe de trois jours et son air de défi. Sa chemise retroussée sur son bras. Ses mains. Je lui ai souri, il m'a remarquée, je l'ai abordé. Je lui ai plu."
Le couple s'installe dans un grand studio du Marais. Nicolas s'occupe de sa galerie. Barbara de sa thèse de philosophie. Ils décident d'avoir un enfant. Elle a trente-trois ans et trouve qu'il est temps. Elle se décrit comme intense, romantique, intellectuelle, passionnée.
Apprenant qu'elle est enceinte, elle est heureuse, Nicolas aussi mais sa grossesse va se transformer en cauchemar. Elle a peur, supporte mal le changement de son corps et une pensée l'obsède : "J'étais responsable d'un autre que moi". Elle regarde Nicolas autrement : "Pour lui, j'étais deux; j'étais mère; j'étais femme enceinte. Je n'étais plus maîtresse." La distance s'installe peu à peu entre eux.
L'accouchement se passe mal. "Dans un accouchement, on vous déchire à l'intérieur et on vous recoud avec du fil et une aiguille."
La naissance de sa fille va renforcer son désarroi. Pire, elle dira : "J'étais dépassée par elle, je lui avais tout donné, je ne savais pas encore si j'allais l'aimer".
De plus, ils sont obligés de déménager pour un appartement plus grand et Nicolas va devoir travailler plus, ce qu'elle accepte difficilement. "Depuis de nombreuses années, Nicolas avait refusé toutes les propositions commerciales qui s'étaient présentées à lui. Mais cette liberté avait un prix : il n'était plus possible de continuer ainsi. C'était fini la vie de bohème."
Barbara a décidé d'allaiter sa fille. Elle va vivre avec elle une relation fusionnelle, la détachant de Nicolas. Elle dort avec le bébé et pratique "l'allaitement à la demande" surtout après sa rencontre avec la "Leche League". Elle refuse toute aide que ce soit de sa mère ou de sa belle-mère, ne veut pas de "nounou", ne sort plus, ne travaille plus à sa thèse, elle est complètement accaparée par sa fille. Pas étonnant qu'elle aille jusqu'à dire : "J'étais son esclave, elle était mon maître".
Ses relations avec son mari se détériorent de plus en plus. Nicolas est impuissant, il finira par lui dire : - "Tu es dépressive, Barbara. Tu vois tout en noir. C'est horrible de vivre avec toi. Voilà. Il avait dit les mots qui nous ont fait basculer de l'autre côté du miroir, de l'autre côté de l'amour. Du côté du néant."
Après une grosse dispute, elle se réfugie chez sa soeur avec son bébé, coupe son GSM, ne veut aucun contact avec Nicolas. Un médecin essaie en vain de la convaincre que sa fille a besoin de son père. "Il est urgent d'acheter un landau (...) Pour couper le face-à-face avec la mère. (...) Le père est celui qui s'interpose entre la mère et l'enfant."
Le destin est parfois bien étrange. Barbara rencontre Florent et Nicolas l'ayant appris, vient rechercher sa fille.
Certaines, sans doute, trouveront ce roman scandaleux. Je pense qu'Eliette Abécassis a voulu montrer, en forçant un peu le trait, ce qu'Elisabeth Badinter a si bien dit : l'instinct maternel n'est pas "génétique" comme on le dit souvent. Certaines sont heureuses dès la naissance du bébé, d'autres pas. Barbara est dans l'excès, renforcé encore par la "Leche League" qui la persuade que son devoir est d'allaiter et de refuser le biberon qui lui donnerait un peu de liberté.
Barbara, intellectuelle, perd toute sa rationalité après la naissance de Léa. Elle est pourtant consciente qu'elle est en train de briser son couple alors qu'elle est toujours amoureuse de son mari. Mais l'idée fausse qu'elle se fait de la maternité ne lui permet pas d'agir autrement.
Bien sûr, il s'agit d'un roman. Eliette Abécassis a été très loin dans l'élaboration de son personnage. Je pense qu'elle voulait absolument montrer comment une idéologie peut amener de graves dérives.
Certains passages choqueront, d'autres sont très beaux. Cependant je trouve que même si Barbara est dans l'excès, le poids de la maternité pèse encore bien lourd sur les femmes. C'est un grand bonheur de donner la vie, c'est aussi une responsabilité que certaines ont des difficultés à assumer.
15:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : heureux événement, couple, maternité, allaitement, leche league, condition féminine
07/05/2012
TOUR D'HORIZON.
Difficile en ce moment de parler politique, du moins en Belgique. La campagne pour la présidence française a accaparé les médias. Par contre, peu d'informations nous parviennent sur le travail de notre gouvernement. Ironiquement, je pourrais dire qu'avant qu'il n'existe, c'était un sujet largement commenté. X jours sans... Je me suis pourtant décidée à faire un petit tour d'horizon.
MEDICAMENTS.
Laurette Onkelinx a provoqué l'indignation des médecins et des pharmaciens et, je pourrais ajouter des citoyens, en dévoilant son plan destiné à lutter contre le déficit de la sécu. Les pharmaciens ne pourront plus délivrer l'antibiotique prescrit par le médecin et devront le remplacer par le médicament le moins cher. C'est évidemment une atteinte grave au travail des généralistes. Je me demande si la Ministre sait que tous les antibiotiques ne se valent pas. Un médecin sait quel antibiotique convient pour telle pathologie. Il connaît aussi son patient et c'est en se basant sur cette connaissance qu'il rédige son ordonnance. Il me semblait que le dossier médical, qui avait fait l'objet d'une large publicité, reposait sur ce principe : la connaissance du passé médical d'un patient est essentielle.
Je ne parlerai pas des problèmes qu'ont soulevés les pharmaciens sur la technicité de la réforme. Je m'en tiendrai donc à dire à la Ministre qu'elle instaure une médecine à deux vitesses. Il est clair que ceux qui ont les moyens se passeront du remboursement de la mutuelle pour obtenir la pilule qui leur convient. Et que dire des génériques ? Ils sont déjà largement prescrits mais quand le médecin constate des effets indésirables, il change son ordonnance ce qui est pure logique.
EUTHANASIE.
L'association pour le droit de mourir dans la dignité vient de fêter ses trente ans d'existence. Elle rappelle les trente années de combat pour le droit légal à une mort digne et pour l'application effective de ce droit. Tous les problèmes ne sont pas résolus. A l'heure actuelle, 85 % des déclarations d'euthanasie sont faites en Flandre contre 15 % en Belgique francophone. A l'inverse, les médecins francophones recourent deux fois plus à la sédation palliative que leurs homologues flamands. C'est clair, les médecins francophones décident davantage à la place de leurs patients.
Le SP.A veut relancer la discussion sur l'extension de la loi. Le SP.A dit vouloir étendre la possibilité d'euthanasie aux mineurs d'âge, aux personnes souffrant de démence et à celles qui se trouvent dans un état d'inconscience prolongée. Il est clair que cela ne pourrait se faire sans un large débat et l'assurance qu'on ne touche pas aux acquis actuels.
Faut-il rappeler, une fois de plus, que personne n'est obligé de demander l'euthanasie. Pour moi personnellement, je préfère mourir entourée des miens plutôt que de subir une sédation sans que ma famille soit au courant et après parfois des mois de traitements douloureux. Je ne parviens toujours pas, plus d'un an après, à accepter l'acharnement subi par un ami très cher qui s'est quand même terminé par une sédation non annoncée. Il est mort seul.
EXTREME-DROITE ET DERIVES.
Le score de Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle a secoué la France. Pour ne parler que de ce qui est actuel, un parti néonazi va entrer au parlement grec. Si les résultats se confirment, la formation néonazie de Chrissi Avghi (Aube dorée) pourrait obtenir une vingtaine de sièges au parlement.
Tout le monde se rappelle l'incident survenu dans le train Namur-Bruxelles le 4 mai. Quelqu'un s'est emparé du micro pour annoncer : "Bienvenue dans ce train à destination d'Auschwitz. Tous les Juifs sont priés de descendre à Buchenwald." La SNCB s'est excusée et a porté plainte, une enquête est ouverte, mais sans généraliser, je crois qu'il faut s'inquiéter d'une possible montée de l'antisémitisme. Je ne sais plus qui a dit récemment : "Les Juifs ont peur".
Je rappellerai aussi les propos scandaleux tenus par Philippe Moureaux après l'émission de la RTBF. (voir billet du 19 avril) J'ai été indignée par l'invitation d'Olivier Maroy à un débat organisé dans Mise au Point. Il lui a littéralement déroulé le tapis rouge.
LES PAPYS FONT DE LA RESISTANCE.
Le Vif du 4 mai a interrogé des bourgmestres-séniors. Louis Tobback, (PS) bourgmestre de Louvain, depuis 1995, âgé de 75 ans s'accroche. Raymond Langendries, (CDH), 68 ans, ambitionne de rester bourgmestre à Tubize. Herman De Croo, (OPEN VLD), 74 ans, entend bien rester parlementaire. Philippe Moureaux, (PS) 74 ans, brigue un nouveau mandat de bourgmestre par attachement, dit-il, à sa commune. (Interdit de dire qu'il vit dans une luxueuse villa à une dizaine de kms de Bruxelles). Il imite sans doute Laurette Onkelinx, censée habiter Schaerbeek, qui parle de sa villa à Lasne comme d'une maison de campagne. (Hum !). Je ne ferai pas de commentaire, après tout, c'est l'électeur qui choisit.
BREVES.
Le mari d'Onkelinx, juriste, est devenu spécialiste du tourisme de par la volonté de la Région Wallonne...
Laurette Onkelinx, encore elle, a provoqué la colère des jeunes agriculteurs: "Laurette, ton plan santé, c'est des salades."
En France, le Conseil Constitutionnel a aboli la loi sur le harcèlement sexuel provoquant, à juste titre, la colère des femmes.
Bon, je croyais qu'il ne se passait rien. Serais-je devenue, à mon insu, une blogueuse en mal de copie ? Je préfère croire en une curiosité préférable à l'indifférence.
15:03 Publié dans Belgique, Politique. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médicaments, euthanasie, extrême-droite et dérives, élections communales
UN PEU DE RECREATION AVEC GILBERT.
Nostalgie...
L'indifférence, quel mal ne fait-elle pas !
"L'indifférence, le gel de l'âme." (Edgar Morin).
10:18 Publié dans Musique. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gilbert becaud, l'indifference
02/05/2012
JEAN-LOUIS FOURNIER.

Jean-Louis Fournier, écrivain, humoriste et réalisateur de télévision est né à Calais, le 19 décembre 1938. Il a été le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède.
En 2008, il a reçu le prix Fémina pour son livre "Où on va, papa" dans lequel il décrit sa relation avec ses deux fils handicapés.
Il a publié des essais : "La Grammaire française et impertinente" "Sciences naturelles et impertinentes" "Je vais t'apprendre la politesse, p'tit con""Les mots des riches, les mots des pauvres" et "A ma dernière cigarette".
Comme romans, je citerai : "J'irai pas en enfer" "Le Petit Meaulnes" et un récit "Mon dernier cheveu noir".
POETE ET PAYSAN.
Le livre a été publié aux Editions Stock en 2010 et, l'année suivante, en Livre de poche.
Le narrateur, qui prépare l'entrée à l'Institut des hautes études cinématographiques, à Paris, tombe amoureux d'une étudiante en psychologie. Elle est la fille d'un fermier qui possède une grande exploitation dans le Pas-de-Calais. Celui-ci a trois filles et un fils qui ne désirent pas reprendre la ferme. Sur un coup de tête, le narrateur décide de devenir ouvrier agricole chez son futur beau-père, pour apprendre le métier, en vue de reprendre la ferme.
Ne devient pas agriculteur qui veut. Le narrateur se montre très maladroit, accumule les bêtises et s'ennuie profondément. Il avait en tête un tableau idyllique d'une ferme mais la réalité se révèle autre. Il ne supporte pas l'odeur du purin, manie mal le tracteur, découvre que le calme de la campagne est une belle blague. "Entre le bruit des machines agricoles, les piaillements des volailles, les aboiements des chiens et la radio à tue-tête, il n'y a pas de place pour le silence."
Une anecdote, parmi d'autres, montre son incompétence. Il a labouré toute la nuit et le matin le fermier l'emmène contempler le désastre : "la colline que j'ai labourée est transformée en un crâne coiffé à l'afro-cubaine avec des raies qui partent dans tous les sens. Tous les sillons sont en zigzag. (...) A cause de moi, lui, l'agriculteur exemplaire, discret et respecté, va devenir la risée du village. Et son champ la grande attraction." On l'appellera "le champ frisé"
Malgré cela, il ne se décourage pas. Son amour est intact, il fête ses fiançailles et envisage toujours le mariage. Mais sa fiancée, peu à peu, se détache de lui. Il va quitter la ferme, se réfugier chez sa maman, trouvera une place de scripte du journal télévisé dans une télévision de Lille et finira même par présenter le journal régional.
Plus tard, il épousera son ancienne fiançée. " Il paraît que le mariage est le plus beau jour de la vie. Ma femme et moi étions unis pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, j'en garde un bon souvenir, mais le pire a été le pire. Nous sommes mal tombés, tous les deux. Nous avons fait une mauvaise chute. Je crois surtout que nous n'avons pas eu de chance."
Le livre est intitulé "Poète et paysan", titre bien choisi. Si j'ai raconté d'abord son inadaptation à la vie d'un laboureur, il a en parallèle, une autre vie à la ferme, empreinte de poésie.
Il s'attache aux animaux, en parle avec amour et passe une grande partie de son temps dans l'étable en compagnie des vaches dont il admire la "sérénité" Il s'attache à une génisse qu'il compare à une princesse. "La génisse me regarde avec insistance quand je fais la litière, elle a l'air de compatir. Il y a dans ses yeux, quelque chose de bouleversant et d'humain."
Cet extrait : "Le ciel est bleu nuit, il y a plein d'étoiles dedans, la lune se reflète dans la mare. Il fait un peu plus frais, je regarde les étoiles. En ville, on voit rarement les étoiles."
Ou encore : "Je me suis allongé dans la paille. Ca sent bon, je me sens bien, l'air est tiède, les vaches me pulsent de l'air chaud par leurs naseaux, j'entends leur souffle régulier, c'est beau, on dirait de l'orgue."
"J'adore observer la basse-cour. Il s'y passe plein de choses, comme au théâtre. Le décor laisse un peu à désirer, mais les costumes sont superbes. Les coqs sont habillés de somptueuses couleurs, les poules sont en uni, blanc, gris ou noir. Les personnages ne parlent pas, ils chantent. J'ai l'impression d'être à l'opéra, les coqs sont souvent ténors et les poules sopranos."
Même si le narrateur ne s'habitue pas à être paysan, il ne critique pas les fermiers, rend hommage à leur patience, à leur courage : "Un cultivateur doit savoir attendre. Attendre la pluie, attendre le soleil, attendre que ça pousse et accepter quelquefois que ça ne pousse pas. Accepter les caprices de la nature, les orages, les tempêtes, les maladies des plantes, lesmaladies des bêtes."
Ce petit livre est plein de poésie, d'humour. Le style est simple, les chapitres sont courts et se terminent souvent par une phrase drôle.
J'ai beaucoup aimé le livre. Un bouquin sans prétention, distrayant, agréable.
14:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-louis fournier, le poète et le paysan, vie à la ferme
19/04/2012
PHILIPPE MOUREAUX.

Je le disais dans mon précédent billet, les occasions de s'étonner, s'attrister ou s'indigner ne manquent pas. Je ne réagis pas toujours. Les journalistes font leur travail, l'information est là, je garde mon indignation pour moi.
Cette fois, c'est impossible, c'est vraiment trop scandaleux. Pour mes lecteurs, qui ne sont pas Belges, un rappel des faits. Le 11 avril, la RTBF diffuse un reportage dans le cadre de ses émissions "Questions à la une". Le sujet est délicat : "Faut-il craindre la montée de l'islam". Je l'ai regardé, j'ai trouvé les journalistes bien courageux car, tout le monde le sait, parler de l'islam revient automatiquement à se faire traiter de raciste même quand on ne montre que la réalité.
Philippe Moureaux, vice-président du PS, bourgmestre d'une commune dite "sensible" a réagi. Je cite : "Questions à la une : des procédés dignes du nazisme". Le journaliste, qui a pourtant fait correctement son métier est qualifié "d'islamophobe." Accusation habituelle dès qu'un quidam ou même un spécialiste ose parler de l'islam mais, cette fois, il s'agissait d'une émission service public.
Je citerai encore ses propos repris par la Libre Belgique (art. mis en ligne le 17/04). "L'antisémitisme a fait un moment ses succès sur ce genre de méthode. C'est comme cela que Goebbels essayait d'attaquer les juifs, comme maintenant certains attaquent les musulmans."
Pour corser le tout, un faux profil Facebook a été créé au nom du journaliste, Frédéric Deborsu. Sous le titre "Frédéric Deborsu et la Légion wallonie" en référence à l'unité SS dirigée par Léon Degrelle, ces mots "Degrelle, c'est mon papa". Un procédé particulièrement odieux. La page a été supprimée, a réapparu, puis a de nouveau disparu.
La presse s'est mobilisée pour défendre le journaliste. Dorian de Meeûs, rédacteur en chef de La libre titrait son édito d'hier : "Non, M. Moureaux, ce ne sont pas des méthodes de nazis." Il analyse très finement le reportage en concluant "Que ce reportage ne plaise pas à tout le monde, c'est normal. Mais que Philippe Moureaux, un professeur qui enseigne la critique historique à l'ULB, compare les méthodes journalistiques de la RTBF à des méthodes utilisées par Goebbels et par d'autres nazis de l'Histoire... Ce n''est pas simplement regrettable, c'est inacceptable. Ce dérapage mériterait des excuses publiques."
Autre réaction, celle de Martine Simonis, secrétaire générale de l'Association des Journalistes Professionnels : "L'émission ne procède ni par stigmatisation, ni par polarisation. Il n'y a pas de généralisation abusive mais au contraire, une approche volontairement nuancée du sujet.
Le reportage respecte les recommandations déontologiques en la matière."
Je partage tout à fait cet avis et je suis contente que l'AJP l'ait exprimé.
Toujours dans la Libre Belgique, ce matin, un excellent édito de Francis Van de Woestyne, intitulé simplement : "Une faute."
Le Soir reprenait hier l'analyse faite par l'AJP en titrant "Les propos de Moureaux sont dangereux pour les journalistes."
Je n'ai pas été plus loin dans ma recherche. Je suis certaine que d'autres journalistes partagent l'avis de leurs collègues.
Je suis indignée parce que ce n'est pas la première fois que Philippe Moureaux tient des propos injurieux notamment sur les politiques qui ne sont pas du PS. Et les réactions sont souvent les mêmes : "On connaît son franc- parler. Il est comme cela." Bref, à ma connaissance, c'est la première fois que les critiques sont unanimes. A propos du personnage, je me suis toujours demandé pourquoi il continuait à être invité à des débats télévisés, la haine qu'il diffuse est tellement violente qu'elle me dégoûte.
Je noterai encore que le président actuel du PS n'a pas voulu condamner les propos de Philippe Moureaux au nom de son droit à s'exprimer !
La violence a été un sujet fort débattu ces derniers temps. Alors, une interrogation, pourquoi les jeunes seraient-ils plus respectueux que leurs "illustres" aînés ?
Un souhait ? Maintenant que la RTBF a été durement attaquée, qu'elle cesse de l'inviter. Qu'il reste dans sa luxueuse villa. Qu'il cesse de nous distiller son venin comme il le fait depuis des années. Même le PS s'en portera mieux.
11:28 Publié dans Belgique, Politique. | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : questions à la une, rtbf, réactions, islam








