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09/08/2015

ABSENCE.

 

De très sérieux ennuis de santé m’ont éloignée de mon blog. Cela va mieux. J’y reviens avec plaisir.

Je remercie tous ceux qui malgré l’absence de nouveaux billets ont continué à me lire.

La Libre ayant changé l’administration des blogs, je le quitte. Je vous invite à me rejoindre sur mon blog wordpress : https://molinia.wordpress.com

Je serais heureuse de vous y retrouver.

Je remercie La Libre de m’avoir hébergée.

 

22/06/2015

EPREUVES EXTERNES.

enseignement, épreuves externes, fuites, consei de classe

 

Quelle semaine ! Questions d’examens postées sur les réseaux sociaux, épreuves annulées ou supprimées, supposition sur le ou les auteurs des fuites et en fin de course, décision de s’en remettre aux conseils de classe en bétonnant leurs décisions.

Joëlle Milquet dépose plainte, commandite une enquête, normal. Ce qui l’est moins, ce sont ses déclarations sur les auteurs des fuites qui feraient partie du corps enseignant, directeurs ou enseignants.

C’est du jamais vu. Tirer des conclusions d’une enquête avant qu’elle n’ait eu lieu. Salir, car il s’agit bien de cela, anonymement, des directeurs ou des enseignants. C’est choquant.

Première question que je me suis posée, quel intérêt auraient les directeurs ou les enseignants à organiser les fuites ? Il me semblerait bien plus facile d’aider discrètement leurs élèves lors de l’examen. Solution encore plus simple puisque les questionnaires arrivaient très tôt dans les écoles, s’en inspirer pour les révisions.

Le conseil de classe a toujours décidé de la réussite ou de l’échec de ses élèves et cela souverainement. Des recours ont toujours été possibles et le sont, paraît-il encore, malgré le décret de la Ministre.

Une autre accusation a circulé : les fuites auraient été organisées en protestation contre ces épreuves externes. Par qui ? Silence cette fois de la Ministre.

Je ne peux pas croire à cette version. Trahir pour contester, cela me semble impensable.

Ceci dit, je ne suis certainement pas pour l’organisation d’épreuves externes. Elles organisent un classement des écoles qui font tant de mal lors des inscriptions particulièrement depuis le très contesté mais jamais supprimé décret d’inscription.

Il faut tout de même l’admettre, les écoles n’ont pas le même niveau. C’est un fait. Et, j’irai plus loin, en disant «  tant mieux. » J’ai toujours enseigné dans une école qui accueillait des élèves comme on dit « en difficulté ». Le challenge était justement d’arriver à rattraper leur retard par une pédagogie adaptée, beaucoup de patience et en n’ayant pas l’obsession du programme.   

Je ne peux donc pas croire ce que j’entends : les évaluations externes vont faire monter le niveau de tous les élèves !

C’est le fameux slogan de la réussite pour tous. Je le partage mais j’en ai une autre conception.

J’ai dû accueillir des élèves qui étaient en échec dans une école qui ne leur convenait pas et arrivaient après avoir redoublé. Il fallait beaucoup de temps pour qu’ils retrouvent leur sérénité.

Ce qui me navre est d’entendre Rudy Demotte par exemple dire bien fort que les évaluations externes seront maintenues. Comme cela, à chaud, sans même prendre le temps d’examiner si c’est vraiment une bonne décision. Pire, certains affirment qu’il faut en organiser à tous les degrés et tenez-vous bien, pour lutter contre l’échec scolaire !

Travailler pour réussir un examen, c’est lamentable. Une fois de plus, ce n’est pas ma conception de l’enseignement.

Contrôler les acquis de ses élèves est certes indispensable mais pour pouvoir remédier aux échecs. Comme prof, j’ai toujours étudié attentivement les travaux ou contrôles de mes élèves pour pouvoir orienter mes cours dans le sens qui leur serait le plus profitable. Revoir la matière qui n’a pas été acquise, par exemple.

Je n’en dirai pas plus car j’ai mal vécu ce qui s’est passé. Je ne désire pas en dire davantage... pour le moment !

 

04/06/2015

REDOUBLEMENT EN MATERNELLE.

 



redoublement en maternelle, polémique

L’idée n’est pas neuve. J’en avais déjà parlé dans mon blog le 13 avril 2012. 

La ministre de l’enseignement y revient et trouve qu’on redouble trop en maternelle. C’est aussi mon avis. Les journaux citent des chiffres : en 2014, 1.168 élèves ont redoublé en 3e maternelle. C’est énorme !

Je reprends ce qui est dit dans les journaux :

« La ministre de l’éducation a fait adopter mercredi, en exécutif, un avant-projet de décret qui va brider le redoublement en 3e maternelle. Dès l’an prochain, le redoublement devra être fondé sur des motifs exceptionnels qui seront fixés par un arrêté. Il sera aussi obligatoire de demander l’avis du CPMS et l’accord du ministère. Si l’école fait redoubler alors que le ministère n’a pas donné son accord, l’élève n’entrera pas en ligne de compte pour le calcul de l’encadrement et n’apporter aucun subside à l’établissement. »

Je le répète, ce n’est qu’un projet.

La procédure me semble bien lourde, les sanctions très graves. Obtenir l’accord du ministère ne sera pas simple. Si ce décret passait, je doute que les écoles fassent encore redoubler en 3e maternelle !

Sur les réseaux sociaux, la polémique est lancée pas sur la procédure mais sur le principe du redoublement.

Ceux qui sont pour le redoublement parlent de maturité non atteinte ou d’indiscipline. Je m’attendais plutôt à un argument sur le langage non acquis.

J’ai vraiment du mal à croire qu’en trois ans l’enfant n’ait pas acquis ce qui lui permettrait d’entrer en première primaire. Je parle de trois ans car, toujours d’après les journaux, 93 % des élèves fréquentent l’école maternelle dès la première année.

Plusieurs choses m’interpellent. Qui juge de la nécessité du redoublement ? L’instituteur/trice  je crois, actuellement. Selon quels critères ? Un élève qui dérange la classe ? Désolée mais je penserai alors au manque d’autorité de l’instituteur/trice. Je ne crois pas que l’année suivante l’enfant devienne tout d’un coup un enfant « sage ».

Comment décèle-t-on le manque de maturité ? Désolée aussi mais j’ai entendu cet argument pour le redoublement en secondaire beaucoup trop souvent. Soyons sérieux, qu’est-ce qu’être « mûr » ? C’est une notion très subjective. Je pourrais, un peu méchamment, dire que j’ai aussi souvent entendu des épouses se plaindre de la « maturité » de leur époux ou vice versa. C’est un grand enfant…

Un autre argument est le manque de confiance en soi qui obligerait l’enfant à redoubler. Alors, là ! Un échec, car il s’agit bien de cela, rendrait l’enfant plus confiant ! Je ne peux absolument pas souscrire à cet argument.

Je l’ai dit, je pensais à des difficultés de langage, l’argument étant d’ailleurs utilisé pour l’obligation scolaire en 3e maternelle. Une connaissance insuffisante pourrait  constituer une  vraie difficulté. Mais, il faudra qu’on m’explique comment en un an l’enfant n’a pas appris à s’exprimer même dans une autre langue que sa langue maternelle.

J’irai plus loin. Si tant d’enfants qui ont fréquenté la 3e maternelle doivent redoubler, alors il faut revoir ce qu’on fait en maternelle.

Normalement, on ne peut pas apprendre à lire, la maternelle doit être un apprentissage de la langue et de la sociabilité, par des activités ludiques.

Je l’ai dit, le sujet est l’objet d’une vraie polémique. J’ai peut-être tort, peut-être raison. .. Qui sait !

La lutte contre l’échec scolaire est pour moi une priorité. Alors l’admettre en maternelle, je ne saurais pas.

Les statistiques semblent me donner raison : un redoublement en maternelle n’empêche nullement un redoublement en primaire.

Je forme un vœu : que parents et enseignants réfléchissent bien avant d’imposer cette humiliation à un enfant.

 

24/05/2015

PAULINE DREYFUS.

pauline dreyfus, ce sont des choses qui arrivent, guerre de 1940, occupation, aristocratie, persécution des Juifs

 

Pauline Dreyfus est née le 19 novembre 1969. Elle a beaucoup écrit pour les autres avant d’écrire ses romans.

Œuvre : « Le père et l’enfant se portent bien » « Robert Badinter, l’épreuve de la justice » « Immortel, enfin » 

CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT.

Natalie de Sorrente, née princesse de Lusignan, descend des Bourbons. Elle a épousé Jérôme, duc de Sorrente, dont l’aïeul fut anobli par Napoléon.

Ils sont dans leur villa à Cannes quand éclate la guerre de 1940. Natalie se morfond d’être clouée à Cannes, loin des plaisirs de Paris et d’être confinée dans un tête-à-tête inhabituel avec son mari.

Mais des amis fuient Paris pour rejoindre Cannes et les Sorrente peuvent de nouveau recevoir du monde et évoquer des souvenirs : les bals, les défilés de couture, le théâtre tout ce qui était leur vie à Paris.

Jérôme est en admiration devant le maréchal Pétain qui ne pense qu’au bien de la France. Il l’a dit : « Je fais don de ma personne à la France pour atténuer son malheur. » Pour Jérôme, c’est un héros.

Natalie ne s’intéresse pas à la guerre, elle s’ennuie. Quand arrive Pierre, très vite, il devient son amant. Pierre parti, elle découvre qu’elle est enceinte et le dit à son mari. « Ce sont des choses qui arrivent » dit Jérôme comme elle se l’était dit.

Ce ne sont pas seulement les aristocrates qui arrivent à Cannes mais toute une population : « Les routes de France étaient à l’image du pays, sans dessus dessous. »

Natalie a déjà une fille, Charlotte, âgée de dix ans. A Paris, les Sorrente voyageant souvent, Charlotte était confiée à la garde d’une nurse anglaise. Natalie s’occupe donc de sa fille, se bornant pourtant simplement à lui raconter le soir l’histoire du duc de Berry.

A la naissance du garçon Joachim, Natalie embauche madame Lévy et sa fille Ginette qui aidera à la cuisine. Madame Lévy est juive. Qu’importe ! Ils sont en zone libre.

Plus tard, elle va rencontrer par hasard un musicien qui venait souvent chez eux à Paris. Il lui apprend que Juif, il ne peut plus exercer, que la Comédie-Française a licencié ses acteurs et personnel juifs, que le théâtre de Sarah-Bernhard a été rebaptisé le Théâtre de la ville.

En janvier 1942, Natalie apprend la mort de sa mère, Elisabeth. Avec ses deux sœurs qu’elle ne voyait guère car elle vivait en province, elle va vider l’appartement de sa mère. En feuilletant un album de photos, elle découvre Armand Mahl qui a l’air bien proche de sa mère.

Tout va basculer. Sa sœur lui apprend qu’elle est la fille d’Armand Mahl et si elle ne le lui a jamais dit, c’est pour la protéger. Et puis « Ce sont des choses qui arrivent »…

Jérôme apprend donc que son épouse est une bâtarde et demi-juive. Il le dit avec un certain cynisme à Natalie lui demandant de cacher son origine pour éviter un scandale.

Cette révélation va transformer Natalie. Elle se torture en se demandant ce qui a de juif en elle. A Paris, elle ira voir un quartier juif, rencontrera des gens portant l’étoile jaune. Elle ira jusqu’à en coudre une sur une de ses robes. Jérôme s’inquiète. Il a peur qu’elle ne dévoile ses origines.

Natalie va sombrer dans la dépression. Elle ne sera plus jamais la même.

Lors d’une promenade avec Charlotte où elle voit sur la grille d’un square un panneau : « Parc à jeux. Réservé aux enfants. Interdit aux Juifs » Charlotte l’interroge : « Maman, à l’école, on nous dit que les Juifs ne sont pas gentils parce que ce sont eux qui ont mis le Christ en croix. » Que répondre ?

Natalie va s’enfoncer de plus en plus. Elle multiplie les piqûres de morphine. Elle mourra le 10 février 1945. Elle avait trente-sept ans.

Le roman de Pauline Dreyfus est une description d’une caste de privilégiés qui s’accommode de l’ordre nazi et ne pense qu’à ses plaisirs. Même à Paris, les Sorrente continueront à aller chez Maxim’s malgré la présence des Allemands.

Un livre aussi sur les secrets de famille, les non-dits qui sont, d’après l’auteur, une habitude chez les aristocrates. Un certain fatalisme d’où le titre de son livre qui revient comme un leitmotiv.

L’auteur, dans sa description de la France occupée, fait apparaître des noms connus : Gérard Philippe, Tristan Bernard, Cocteau, Paul Morand, Arletty…

J’ai été frappée par son style « son vieux style » disent certains critiques. Il m’a plu. Je n’aime pas tellement les romanciers actuels à la mode qui abusent, par exemple, des dialogues.

Certaines phrases font mouche : « C’est au choix des fournisseurs qu’on juge une famille » « Dans cette guerre d’un genre nouveau, l’ennemi ce n’était pas l’Allemand, mais l’ennui » « La guerre, pour les Sorrente, ce sont d’abord des complications domestiques » « L’ampleur de cet exode était telle que les Sorrente se demandaient si Paris était encore habitée – par des gens de leur milieu, s’entend »

Le prix Mémoire Albert Cohen a récompensé le roman qui figurait déjà dans le carré final des Goncourt.

 

20/05/2015

ENSEIGNEMENT : PROGRES OU RECUL ?

réforme de l'enseignement, formation des enseignants, pénurie des professeurs

 

Le groupe de travail chargé de réformer la formation initiale des enseignants est d’accord pour qu’il y ait une plus grande flexibilité dans l’affectation des enseignants entre niveaux d’enseignement.

Ainsi l’enseignant maternel pourrait enseigner en 1er et 2e primaires et l’instituteur primaire en 3e maternelle. Le régent pourrait enseigner en 5e et 6e primaire en plus de son enseignement actuel dans le secondaire inférieur. Le titulaire d’un Master universitaire qui enseigne dans l’enseignement secondaire supérieur pourrait enseigner en 3e secondaire.

Une révolution ? Certainement mais un fameux retour en arrière en ne tenant plus compte de l’arrêté du 22 avril 1969 fixant les titres requis du personnel de la Communauté Française et celui du 20 juin 1976 relatif aux titres suffisants dans l’enseignement gardien et primaire.

L’arrêté sur les titres requis répondait à une forte demande du PS qui n’admettait pas que dans l’enseignement catholique un prof « pouvait enseigner n’importe quoi ».

Effectivement, au début de ma carrière j’ai enseigné de l’arithmétique commerciale, du droit et d’autres matières. Aucun cours ne correspondait à ma formation. C’était possible à force de travail mais j’avoue avoir nettement préféré enseigner les cours pour lesquels j’étais formée.

Certes la proposition actuelle ne va pas si loin. Je dois dire qu’à l’époque, des maternelles qui enseignaient en 1e primaire, m’ont souvent dit combien elles appréhendaient de ne pas être certaines d’arriver à ce que leurs élèves sachent lire en fin d’année. Elles se débrouillaient comme elles pouvaient.  Ce n’est donc pas aussi simple que ne le croit les ministres ! Qu’un régent enseigne en primaire est sans doute possible mais sera-t-il heureux ?

Je ne comprends absolument pas l’argument des ministres que cette réforme faciliterait le passage du primaire en secondaire.

Je ne nie pas la peur qu’ont certains enfants de quitter le primaire pour le secondaire mais c’est surtout dû à ce qu’ils ont plusieurs enseignants au lieu d’un seul. Après quelques semaines ils sont plutôt fiers d’être devenus des « grands. » Envisage-t-on que l’enseignant primaire donne tous les cours dans le secondaire ? Je n’ose y penser.

Une autre idée du Ministre Marcourt est ressortie. La formation de tous les enseignants serait portée à cinq ans ! Une formation plus longue que certaines études universitaires. Tout le monde comprendra que cette réforme coûtera cher aux parents et à la Communauté.

Trois ans au lieu de cinq, pratiquement deux années de plus au budget des parents. Un coût élevé pour la Communauté puisque tous les enseignants devront être rémunérés au barème des licenciés actuels. La Wallonie a-t-elle trop d’argent ?

J’ajouterai que je doute fort que les ados envisagent avec le sourire de faire cinq ans d’études au lieu de trois pour enseigner en maternelle ou en primaire.

Or, il y a déjà une pénurie d’enseignants car on sait que beaucoup quittent l’enseignement après quelques années pour commencer une autre carrière. Ayant fait cinq ans d’études seront-ils plus contents d’être enseignants ? J’en doute.

La formation des enseignants sera-t-elle meilleure ? Impossible de le dire puisqu’on ne sait pas quel sera le programme de ces deux années supplémentaires.

Plus de stages ? Peut-être. Je peux dire que les stages effectués actuellement par les régents dans les écoles suscitent plutôt une crainte voire un rejet de l’enseignement. Il y a une grande différence à débarquer dans une école inconnue pour donner un cours ou être dans sa propre classe.

Je ne peux absolument pas être d’accord avec ces deux réformes. Ignorer la spécificité de chaque niveau est hallucinant. On n’enseigne pas en maternelle comme en primaire, c’est une évidence.

Je dirai aussi que pendant des années on a affirmé que le troisième maternelle ne pouvait pas remplacer la première primaire d’où l’interdiction d’apprendre à lire, par exemple. L’apprentissage de la langue est d’ailleurs évoqué pour justifier l’obligation de la troisième maternelle. J’ajouterai l’apprentissage de la sociabilité qui se fait souvent par des activités qui plaisent aux petits.

Si l’objectif des Ministres est, comme je l’ai entendu, faire face à la pénurie d’enseignants c’est une mauvaise réponse à un réel problème.